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<poem>
<title>VII Luna</title>
<author>Victor Hugo</author>
<stanza>
<l>O France, quoique tu sommeilles,</l>
<l>Nous t'appelons, nous les proscrits!</l>
<l>Les ténèbres ont des oreilles,</l>
<l>Et les profondeurs ont des cris.</l>
<l>Le despotisme âpre et sans gloire</l>
<l>Sur les peuples découragés;</l>
<l>Ferme la grille épaisse et noire</l>
<l>Des erreurs et des préjuges;</l>
</stanza>
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<l>Il tient sous clef l'essaim fidèle</l>
<l>Des fermes penseurs, des héros,</l>
<l>Mais l'Idée avec un coup d'aile</l>
<l>Ecartera les durs barreaux,</l>
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<stanza>
<l>Et, comme en l'an quatre-vingt-onze,</l>
<l>Reprendra son vol souverain,</l>
<l>Car briser la cage de bronze,</l>
<l>C'est facile à l'oiseau d'airain,</l>
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<l>L'obscurité couvre le monde,</l>
<l>Mais l'Idée illumine et luit;</l>
<l>De sa clarté blanche elle inonde</l>
<l>Les sombres azurs de la nuit.</l>
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<l>Elle est le fanal solitaire,</l>
<l>Le rayon providentiel;</l>
<l>Elle est la lampe de la terre</l>
<l>Qui ne peut s'allumer qu'au ciel.</l>
</stanza>
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<l>Elle apaise l'âme qui souffre,</l>
<l>Guide la vie, endort la mort;</l>
<l>Elle montre aux méchants le gouffre,</l>
<l>Elle montre aux justes le port.</l>
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<l>En voyant dans la brume obscure</l>
<l>L'Idée, amour des tristes yeux,</l>
<l>Monter clame, sereine et pure,</l>
<l>Sur l'horizon mystérieux,</l>
</stanza>
<stanza>
<l>Les fanatismes et les haines</l>
<l>Rugissent devant chaque seuil,</l>
<l>Comme hurlent les chiens obscènes</l>
<l>Quand apparaît la lune en deuil.</l>
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<l>Oh! contemplez l'Idée altière,</l>
<l>Nations! son front surhumain</l>
<l>A, dès à présent, la lumière</l>
<l>Qui vous éclairera demain!</l>
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