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<poem>
<title>IX ("Jeune fille, la grâce emplit...")</title>
<author>Victor Hugo </author>
<stanza>
<l>Jeune fille, la grâce emplit tes dix-sept ans.</l>
<l>Ton regard dit: Matin, et ton front dit: Printemps.</l>
<l>Il semble que ta main porte un lis invisible.</l>
<l>Don Juan te voit passer et murmure: «Impossible!»</l>
<l>Sois belle. Sois bénie, enfant, dans ta beauté.</l>
<l>La nature s'égaie à toute ta clarté;</l>
<l>Tu fais une lueur sous les arbres; la guêpe</l>
<l>Touche ta joue en fleur de son aile de crêpe;</l>
<l>La mouche à tes yeux vole ainsi qu'à des flambeux.</l>
<l>Ton souffle est un encens qui monte au ciel. Lesbos</l>
<l>Et les marins d'Hydra, s'ils te voyaient sans les voiles,</l>
<l>Te prendraient pour l'Aurore aux cheveux pleins d'étoiles.</l>
<l>Les êtres de l'azur froncent leur pur sourcil,</l>
<l>Quand l'homme, spectre obscur du mal et de l'exil,</l>
<l>Ose approcher ton âme, aux rayons fiancée.</l>
<l>Sois belle. Tu te sens par l'ombre caressée,</l>
<l>Un ange vient baiser ton pied quand il est nu,</l>
<l>Et c'est ce qui te fait ton sourire ingénu. </l>
</stanza>
</poem>